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 Lettre n°11: Editorial


   Et pendant ce temps-là…



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 Jeudi 27 Septembre 2007

 Loin du ciel gris de l’été, les quotidiens et les revues débordent de comptes rendus sur l’activité des personnages publics. Comme s’il fallait rassurer les citoyens : nos responsables existent. En fait, ils existent plus par procuration qu’au travers de l’exercice de leurs mandats. On connaît leurs histoires de cœur et leurs activités de vacances. Mais on connaît peu leurs choix politiques et encore moins les conséquences de leurs choix. Et lorsque, par hasard, on en parle, c’est dans une certaine confusion dont ne sait si elle est celle des gouvernants et/ou des journalistes qui en rendent compte.

Untel évoque-t-il la rigueur ? Il est aussitôt démenti par un plus qualifié que lui. Ce qui n’empêche pas l’annonce des suppressions de postes dans la fonction publique et de nouvelles privatisations.
Une ambassadrice occasionnelle est-elle envoyée en Libye pour traiter des affaires d’État ? Elle refuse aussitôt d’en rendre compte aux élus du peuple. En revanche, la même personne se répand sans vergogne dans la presse sur le même sujet.
Un nouveau traité européen (pas mini du tout) est-il envisagé ? Le peuple qui avait donné précédemment sur un traité assez proche son opinion clairement négative ne sera pas consulté. D’ailleurs, ses représentants au sein du Parlement ne servent plus à rien sauf à courber l’échine devant un nouveau système aristocratique. Une commission Théodule présidée par Balladur et comprenant des personnages tels que Jack Lang travaille sur les institutions que seule une constituante pourrait et devrait réinventer.

Bref, un pouvoir politiquement irresponsable donne essentiellement lieu, sur la place publique, à des débats marginaux.

Et pendant ce temps là, les difficultés s’accumulent. Le pouvoir d’achat est violemment attaqué. La misère s’accroît chez les classes populaires. Les droits sociaux sont systématiquement bafoués, remis en cause. L’École est en ruines. Un patronat triomphant veut pouvoir licencier sans vergogne, osant même prétendre, que c’est pour mieux embaucher. Les grandes dents, c’est toujours pour mieux nous manger. La nouvelle économie, c’est la disparition de tout espace public et donc de tout contrôle démocratique. Mais qui en parle ?
La gauche – enfin, ce qui porte ce nom –, celle qui est théoriquement là pour s’opposer, ne le fait plus que par principe et à la marge. Elle s’excuse de ces choix antérieurs (les plus progressistes en général) et ne sait même plus expliquer pourquoi certaines de ses personnalités emblématiques s’envolent vers la nouvelle soupe. Il est vrai qu’un Parti socialiste qui fournit à une mondialisation libérale, inégalitaire, destructrice de l’environnement et des droits sociaux à la fois le Directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et celui du Fonds monétaire internationale (FMI) ne fait même plus rire. Pas plus d’ailleurs que ceux qui ambitionnent d’être les aiguillons de ce nouveau Léviathan.

Et pendant ce temps là, il ne reste aux classes populaires et aux exploités de toutes sortes que leurs yeux pour pleurer.
Mais il leur reste aussi le droit de dire non, de refuser ce système absurde et destructeur. Si, il y a deux siècles et plusieurs fois depuis lors, notre peuple s’est soulevé, c’est dans cet immense espoir de liberté et de justice. Cet espoir doit être réaffirmé. Les valeurs de 1789 et de 1793 sont toujours vivantes. Ce n’est que l’opportunisme et le manque de volonté qui leur enlèvent toute efficacité..





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(Publiée au Journal officiel du 11 décembre 1905)



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