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Jeudi 23 Mai 2019

 Lettre n°19: Editorial


   Réformons, réformons !



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 Lundi 26 Mai 2008

 C’était promis : l’élection de Nicolas Sarkozy allait permettre de réaliser tout ce qu’il fallait pour faire passer la France d’une situation sclérosée, à une nouvelle ère où le bonheur de chacun serait assuré, les soucis du quotidien disparus et l’avenir de nos enfants radieux.

Comment ? Un maître mot avait été trouvé : Réforme. C’est court, c’est prometteur. La connotation est plutôt positive, sympathique. On entend réforme, le subconscient pense améliorer. Voilà qui est habile.

Actuellement ce mot est certainement celui qui a été et demeure le plus galvaudé par le Président de la République et le Gouvernement. Il émaille tous les discours, servant de support passe-partout à toutes les décisions . Passant du programme du candidat à la justification des actions entreprises depuis son entrée en fonction, le mot demeure, brandit comme l’étendard auprès duquel tous doivent se rallier avec ferveur. Magique. Peu importe qu’il s’agisse d’actions en profondeur ou de simples ajustements, c’est le symbole qui compte . Il faut frapper les esprits, les marteler pour qu’ils soient convaincus, faire vite, pour que l’étourdissement conduise les individus à l’ état de transe, comme des derviches tourneurs. C’est tout l’art de la communication et du marketing politique.

“Il faut aller vite” dit-on, “la réussite est à ce prix !”
La technique est bien connue : Ne pas laisser le temps à l’adversaire pour réfléchir, pour réagir, l’accuser d’immobilisme, et finalement le désigner comme conservateur à la vindicte populaire.
S’informer, réfléchir ? Ces mots sont-ils encore d’actualité ?

Vous avez dit réforme ? Enseignement, université, finances, retraites, régimes spéciaux, santé, justice, armée..., rien n’échappe au rouleau compresseur de la mise en pièces de nos institutions actuelles au nom de ce nouveau crédo. Pour que cela soit encore plus complet, une réforme constitutionnelle est à l’ordre du jour (voir l’article de Jean-Pierre Alliot).

Qui sait observer voit se dessiner les lignes de force d’un système de pensée qui vise à anéantir tout ce qui n’est pas au service du Capital, y compris la structure actuelle des services financiers de l’Etat (voir l’article de Chantal Templéraud).

Il faut que le citoyen disparaisse au profit du consommateur éduqué par les nouveaux médias omnipotents. “Le journaliste est l’instituteur des temps modernes” : le rappel de ces propos de Jacques Léauté souligne les destructions auxquelles nous assistons actuellement. L’information libre nourrissait l’esprit critique des individus, développé par l’école. Elle permettait l’exercice responsable de la citoyenneté et la participation au débat démocratique. Aujourd’hui, avec les “réformes” projetées, le journaliste devrait devenir le relais et le porte-parole officiel du gouvernement, quand ce n’est pas celui des grandes sociétés multinationales qui font vivre, ou mourir, selon leur humeur, des médias passés dans des mains amies ou soumises à leur hégémonie. L’éthique issu du Conseil National de la Résistance n’est plus. Le C.N.R. lui même est mis en cause (voir l’article de Gilbert Legay).

Ces prétendues réformes ne sont qu’un leurre. Sous ce mot détourné se cache une série d’actions des plus pernicieuses.






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