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 Lettre n°19: Brèves


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 Lundi 26 Mai 2008

 L’expérience récente a montré que nos «modernes» démocrates se souciaient comme d’une guigne de la volonté populaire. Lorsqu’on demande, par accident, l’avis du peuple et que, par extraordinaire, celui-ci ne donne pas la bonne réponse, on le fait revoter ou, mieux, on prend, dans une autre enceinte, la décision contraire.
Il restait néanmoins un petit espace de souveraineté populaire. La Constitution française prévoyait que toute nouvelle adhésion à l’Union européenne devait être avalisée par référendum.
C’était encore trop ! La volonté de supprimer cette disposition est exprimée dans l’avant-projet de loi sur la réforme des institutions, émanant de la Commission Balladur et réformant la Constitution en dehors de toute expression populaire. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes de Sarkozy et ancien directeur adjoint du cabinet de Jospin, soutient la disparition de ce qu’il appelle un « verrou référendaire ». Pierre Lellouche, homme influent du régime habitué des échecs électoraux, explique cyniquement que cette disposition avait été incluse dans la Constitution par Jacques Chirac en 2005 pour inciter les Français à bien voter sur le traité constitutionnel.
Sarkozy a tranché : cette disposition sera supprimée car elle lierait trop les mains du gouvernement et serait ridicule si on voulait faire adhérer la Suisse. Etrange argument ! Comme si c’était la question et comme si les français étaient hostiles à la Suisse qui d’ailleurs, n’est pas demandeur. En revanche, manière de botter en touche et histoire de faire taire dans les rangs de l’UMP une opposition avec laquelle il prétend d’ailleurs être d’accord sur ce point, il annonce un référendum sur l’entrée de la Turquie si la question devait se poser. Bref, on a le droit de dire non seulement si ce nouveau monarque nous demande de le dire avec lui.
Merci pour les citoyens ! En bref, pour éviter que les Français ne votent « mal », on leur enlève le droit de voter lorsque ça peut déranger.



A.B.


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