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Jeudi 23 Mai 2019

 Lettre n°20: Brèves


    Le diable dans la non-mixité scolaire



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 Mardi 24 Juin 2008

  "Le diable se cache dans les détails". Ce proverbe suisse me semble bien approprié dans la situation présente : la loi votée le 15 mai dans la noirceur de la nuit, ce qui lui convient bien, transpose en droit français cinq directives de l'Union européenne sur la lutte contre les discriminations. Bien. Mais cet alinéa 4 de l’article 2, l’"organisation d’enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe" n’était nullement demandé par l’Europe. L’entourage du ministre de l’Education considère qu’il s’agit d’un vote de précaution. Pourquoi l’avoir alors maintenu malgré les nombreux avis défavorables qu’il suscita ? Parce que le diable veillait! Il ne pouvait pas laisser sans réagir que l’éducation des futurs citoyens se fasse dans des lieux qui, ouverts sur le monde, faisaient de la laïcité le socle de l’édifice où chaque garçon , chaque fille, apprendrait dès le plus jeune age que “l’un est l’autre”, comme l’a écrit Elisabeth Badinter. Certes, cela n’est pas toujours simple. Mais la vie en société l’est-elle a priori? Devenir un être responsable, à ses yeux et à ceux des autres, est un travail sur soi de tous les instants qui accompagne l’acquisition des connaissances techniques prodiguées par l’école. Séparer, à nouveau, les filles des garçons pour leur donner une formation spécifique à leur sexe, c’est une première étape indispensable pour les rendre à la condition “d’avant” qu’elles n’auraient jamais dû quitter. Des personnes “bien-pensantes” dans une attitude rétrograde et méprisante, attachées à tous les lieux communs passéistes que l’on pouvait croire disparus à jamais, souhaiteraient la rétablir. Dans le discours de Latran, Nicolas Sarkozy estime que l’instituteur n’arrivera jamais au niveau du curé pour inculquer des valeurs aux enfants. Pas de chance, le diable ! Tu es démasqué !


M.L.


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