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Jeudi 19 Juillet 2018

 Lettre n°20: Brèves


   Enseignement professionnel : ce que dissimule la réforme du bac pro en 3 ans



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 Mardi 24 Juin 2008

 L’enseignement professionnel permet l’acquisition d’une qualification diplômante délivrée par l’Education nationale et reconnue jusqu’à nouvel ordre par les entreprises de notre pays. Supprimer progressivement les brevets d’enseignement professionnel (BEP) et généraliser les Baccalauréats professionnels (Bac Pro) en 3 ans est une aberration disqualifiant la jeunesse à plus d’un titre. D’abord, au-delà d’une résorption substantielle de postes, c’est une orientation par l’échec qui est proposée à nombre de jeunes gens. Ainsi, le BEP représente un possible marche pied de deux années scolaires susceptible de rebondir vers le Bac Pro par la suite. Accentuer une telle réorientation par une année de formation en moins exclut de fait du système éducatif des milliers de jeunes. Ensuite, on ne le réaffirme pas suffisamment, alors que les diplômes universitaires comme le DEA (ou actuel Master) n’est pas plus reconnu dans les accords de branche et conventions collectives que le baccalauréat, le CAP l’était depuis longtemps dans le Code du travail à la suite des luttes syndicales. Ainsi, à concurrence d’un titulaire du CAP et d’un Bac Pro, pour un même métier et une même fonction dans l’entreprise, le titulaire du CAP disposait de davantage de droits objectifs protecteurs. A cette occasion, le gouvernement réalise une superbe partie de billard à trois bandes : la première est une économie de postes à l’Education nationale, quand la seconde est une suppression progressive du CAP (y compris le CAPES et l’Agrégation, le premier étant un « certificat d’aptitude professionnelle » de l’enseignement secondaire) ; la troisième devient la remise en cause souterraine d’un des fondements du Droit du travail. Est-ce là où il veut véritablement en venir ? Las, une quatrième bande, quant à elle, illustre la cécité d’un gouvernement qui ne la maîtrise absolument pas : les forfaits (incendies dans les villes ?) de ses membres qui seront précocement éliminés de l’école et de l’apprentissage professionnel.


O.P.


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