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Mardi 20 Février 2018

 Lettre n°20: Note de lecture


   Il faut qu'il parte



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 Mardi 24 Juin 2008

 Tout est parti d’un matin de janvier. Sébastien Lapaque discute avec un ami enseignant. Il apprend qu’au pays de Victor Hugo un de nos burgraves juge «sadique» d’inscrire La Princesse de Clèves à un oral de concours administratif. Des instants de rage contre les sommets de l’Etat s’en suivent, en abordant notamment le cas d’une collégienne en avis d’expulsion, car d’un père sans papiers. L’auteur ouvre et ferme son livre avec une même force de caractère, un même appel à l’insurrection politique, poïétique, philosophique. A ce titre se range-t-il, comme il le souligne, dans la tradition du Contr’Un de La Boétie. La France telle qu’elle va n’est pas la France telle qu’elle doit être : ses responsables politiques, et notamment un, sont illégitimes. En quatre chapitres congrus (« Salauds de pauvres ! », « La liberté c’est l’esclavage », « Mai 68 contre Mai 68 », « On n’est pas amoureux d’un taux de croissance ») Lapaque sape d’une belle plume les dogmes du Marché issus à présent du gouvernement : cynisme, spontanéité, course au profit sans entrave, mépris du lien social, haine de la culture, manipulation et servitude des classes populaires. L’auteur, de sensibilité gaulliste, revient bien sur la responsabilité du PS, dès 1983, quant à ce triomphe de l’antipolitique. Néanmoins, malgré un arrière-fond chrétien contestable lorsqu’il aborde les « laïcards », Bernanos, et substantialise la France dans sa tradition religieuse, l’auteur propose des critères de refondation républicaine pertinents, basés sur l’Ecole, la beauté, le refus de la performance et de l’égoïsme. Mais par sa vivante critique des apôtres de la Grande Machine libérale, de Laurence « Précarité » Parisot, à Jacques « Bichelonne » Attali en passant par Christine « Guizot » Lagarde, sans oublier le fameux trio Bigard-Hallyday-Clavier, unis pour liquider une bonne fois pour toutes Mai 68, le lecteur comprendra que l’essayiste a commis un oubli : celui du pluriel dans le titre de son ouvrage.


Il faut qu'il parte, de Sébastien Lapaque, Stock, 2008, 135 pages, 12euros.


J.M.


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