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Jeudi 22 Février 2018

 Lettre n°21: Brèves


   Au long des rues



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 Mardi 23 Septembre 2008

  Le choix des noms attribué aux rues d’une ville est un symbole fort. Il l’est encore davantage lorsque le maire, comme c’est le cas de celui de Paris, le veut symbolique.
On ne saurait lui reprocher d’avoir supprimé de nos pérégrinations la vue du général Richepanse qui réprima violemment les esclaves guadeloupéens réclamant leur liberté contre Napoléon. On peut s’étonner de la recherche du consensus avec la droite dans l’attribution enthousiaste du nom de Jean-Paul II à la place Notre dame ; le combat de ce pape contre le système soviétique faisant oublier, presse et inertie des élus municipaux aidant, ses attitudes plus qu’ambiguës vis-à-vis des dictatures d’Amérique Latine. On apprécie les petits gestes pour une tradition de gauche qui ne prête plus à polémique, par exemple dans le baptême de la place de la Commune de Paris.
On ne peut qu’admirer ce dosage bien pensant tellement représentatif de la pensée dominante : un peu de droits de l’homme en parallèle avec beaucoup d’oublis de la Révolution et de ses exigences. Ainsi, quand le maire de Paris refuse d’examiner la recréation d’une rue Robespierre, supprimée par la droite en 1953, il se contente d’effacer une page de l’Histoire en en validant l’interprétation la plus aseptisée. Certes, la Terreur reste objet de passion. Mais alors, à quand la suppression de la rue Thiers, responsable des 25 000 morts (hommes, femmes et enfants) de la répression sauvage de la Commune de Paris en 1871 ?



A.B.


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