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Vendredi 16 Novembre 2018

 Lettre n°26: L'événement


   Il en manque un !



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 Mercredi 25 Février 2009

 par Gilbert Legay

1000 chantiers

Le gouvernement, en annonçant qu’il disposait de mille idées de chantiers pour vaincre les effets de la récession, a sans doute pensé que, tel le génie d’Aladin, il allait impressionner la foule béate des citoyens, soudain frappée de stupeur devant une telle créativité.

Mais il n’est pas certain que l’effet obtenu sur le public soit l’effet escompté, car mille idées, c’est beaucoup, et s’assimile davantage à un saupoudrage (le terme a été immédiatement utilisé par certains observateurs professionnels), et même, au geste du semeur balançant aux quatre vents des millions d’euros sans que le citoyen qui va payer la note, soit à même de juger du résultat.

Cette annonce pose d’emblée deux questions : quand sera connue la liste des heureux bénéficiaires de cette manne ?…et surtout, quels moyens aura le citoyen lambda pour juger du bien fondé de l’objectif numéro 314 ou de celui numéro 786 ?

Cette distribution de 26 milliards d’euros à destination de 1000 chantiers, cela fait, sauf erreur, 26 millions par point d’impact, ce qui est beaucoup pour un objectif local, mais n’apporte pas la preuve de l’efficacité d’ensemble si ces mille projets ne sont pas complémentaires les uns des autres et n’induisent pas une véritable synergie.

Le projet aurait été plus crédible avec un nombre plus limité d’objectifs, ce qui aurait permis à chacun d’apprécier la logique d’ensemble…(si logique il y a ?), car ce qui trouble dans les commentaires, ce sont les critiques qui émanent de certaines branches et l’approbation enthousiaste de quelques autres.

Ainsi, le bâtiment s’est déclaré très satisfait, ce qui peut laisser poindre le soupçon d’un certain favoritisme dans la distribution, tant pour des raisons financières que, pourquoi pas aussi,électorales…

A moins qu’il ne soit prévu d’apporter une justification pour chaque projet, ce qui parait difficile… Mille ! vous pensez !

Au-delà de l’effet d’annonce que chacun a le loisir d’apprécier à sa guise, le génial stratège, auteur de ce plan, a-t-il inclus dans son arsenal, quelques dispositions propres à réduire deux difficultés majeures, éprouvées par nos concitoyens dans cette période de grande incertitude.
Il y aurait là de quoi nous rassurer, nous qui ne sommes ni géniaux, ni stratèges ! Mais voyons de plus près :

Le coût de la vie

Les salaires et les retraites stagnent pour des raisons aisément identifiables (…plus difficiles à admettre !), mais il serait plus facile de supporter les conséquences de cette situation si les coûts des produits d’alimentation ne subissaient pas une inflation déraisonnable entre des producteurs qui vivent mal et des consommateurs qui payent trop cher.
Ces augmentations touchent particulièrement nos concitoyens les plus fragiles et poussent insensiblement vers la précarité des vieux travailleurs, des femmes seules, des jeunes et des familles entières.
Sans dépenser des milliards, a-t-il été prévu de réorganiser certains circuits de distribution et de supprimer les intermédiaires inutiles.
Il serait intéressant par exemple, de connaître le quotient qui multiplie le prix à la production pour en faire un prix de vente… et d’imposer une règle maximale !

Le chômage

Des mesures ciblées sur la réduction du chômage ont-elles été prévues ?
En vertu de la doctrine présidentielle : « Travailler plus pour produire plus », est-il envisagé de former aux métiers du bâtiment, ceux parmi les chômeurs qui n’ont aucune spécialité, qui seraient partants pour apprendre, travailler et gagner leur vie?
Il serait possible alors, fort de cette main d’œuvre disponible, de lancer avec quelques milliards, un vaste programme de logements sociaux.
Il suffit, pour se procurer des informations utiles, de consulter le programme de la WPA ( Work Projects Administration) et celui du CCC (Civilian Conservation Corps), plus tourné vers l’écologie, l’un et l’autre programmes lancés par Franklin Delano Roosevelt en 1935, et dont les résultats ont contribué à sortir les Etats-Unis d’une crise au moins aussi violente que celle que nous connaissons aujourd’hui.

Ces deux sujets sont au cœur des difficultés du moment.
Les mesures mises en place pour les résoudre auraient des conséquences heureuses et à longue portée ; elles ont, par contre, le malheur d’être marquées par l’interventionnisme d’Etat comme le seront sans doute la plupart des 1000 idées qui nous sont proposées.
Or les tenants de l’hyper-libéralisme, cause du désastre mondial actuel, ne tolèrent l’intervention de l’Etat que pour réparer les dégâts qu’ils ont occasionnés…Et perpétuer le système !


Gilbert Legay


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