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Vendredi 19 Avril 2019

 Lettre n°30: Brève


   La maternelle publique : un modèle français attaqué



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 Lundi 22 Juin 2009

 Collectivités territoriales et ministère de l’Education nationale dissuadent l’inscription des enfants de moins de trois ans à l’école maternelle publique. Pourquoi ? Partant de la suggestion de la députée Michèle Tabarot (UMP) de créer des jardins d’éveil, la secrétaire d’Etat à la Famille Nadine Morano s’engouffre dans la brèche d’une remise en cause de l’école maternelle publique, laïque et totalement gratuite. A la prochaine rentrée de septembre seront créées, à titre d’expérimentation durant quatre ans, et après acceptation de la Caisse nationale d’allocations familiales, 8.000 places d’ici 2012 dans les jardins. Avec quel budget ? La CNAF y alloue 25 millions d’euros, pour un accueil des enfants de 2-3 ans de 8 à 19 heures. Situé entre les crèches et la maternelle, les jardins d’éveil portent en réalité davantage sur des critères économiques qu’éducatifs on ne peut plus défavorable à la petite enfance : diminuer les postes en maternelle, favoriser l’entame d’une réduction à terme des personnels des crèches (12 enfants par adulte, soit 50% d’enfants en plus que dans les crèches) et surtout progresser vers la conquête des institutions privées pour s’emparer du « marché » de l’éducation avant le primaire. Or, en 2008, les rapports de la Cour des comptes et de la Commission des finances du Sénat avaient conclu non seulement en faveur des coûts moins élevées de la maternelle que les autres structures (privées, publiques ou mixtes) mais de surcroît affirmés leur efficacité pour donner de véritables « ambitions éducatives » pour les enfants de France. La maternelle est publique. Elle accueille sur tout le territoire national tous les enfants sans distinction. Elle demeure un modèle jalousé dans le monde. La remettre en cause au prétexte d’un « accompagnement personnalisé » (dixit N. Morano) est une agression contre l’Education nationale et républicaine qu’on ne peut ni ignorer ni laisser se développer.



O.P.


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