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Mardi 17 Juillet 2018

 Lettre n°31: Editorial


   1792- 2009



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 Jeudi 17 Septembre 2009

 Le 22 septembre 1792 fut le premier jour de la première République. Ce fut l’irruption du peuple en temps que souverain, ce fut le principe du suffrage universel, ce fut la recherche d’une vie politique démocratique (voir brève 22 septembre). 217 ans après, quelle tristesse et quelle amertume de voir ce que sont devenus ces espoirs !


On peut parfois s’étonner du fonctionnement de la vie politique aujourd’hui. Tel membre de la majorité lance des propositions, immédiatement contredit par un autre, puis l’omniprésent Président tranche, sans que d’ailleurs rien ne soit définitif. On a vu ce scénario à plusieurs reprises ces derniers temps, tant sur la taxe carbone que sur le forfait hospitalier,… Bien sûr, classiquement, la méthode permet de tester les réactions. Mais, plus profondément, on occupe ainsi l’espace par des questions qui, sans être négligeables, permettent de ne pas parler de l’essentiel.


La méthode touche tous les groupes politiques. Ainsi voit-on le PS développer un grand débat sur la question des primaires, sujet assez secondaire pour la majorité de nos concitoyens (voir article de Jean-Pierre Alliot). On voit une commission parlementaire de lutte contre les paradis fiscaux proposer la suppression des billets de 500 euros, ce qui doit faire frémir les grands fraudeurs qui n’agissent que par écritures comptables.


Dans le même temps, le chômage se développe, les usines ferment, le chantage à la fermeture devient monnaie courante. Mais les protestations ne troublent pas les hommes de pouvoir. Au contraire, après avoir donné des avantages fiscaux aux vrais privilégiés, voilà qu’on annonce qu’on ne poursuivra pas les gros fraudeurs du fisc réfugiés en Suisse s’ils arrêtent leurs pratiques et remboursent les arriérés (voir article de Jérémy Mercier).


La confusion apparente du pouvoir, le mélange des genres, entre vie publique et vie privée en particulier, les contradictions dans les décisions, sont en fait une méthode de gouvernement. Plus personne ne s’y retrouve ; ainsi, les intérêts dirigeants peuvent-ils imposer leurs choix sans que cela ne se voie trop et sans que les oppositions puissent s’organiser. De toutes façons, les responsables se moquent comme d’une guigne de la volonté des citoyens, considérant qu’on est déjà bien bons de leur laisser tous les 5 ans le choix de celui ou celle qui conduira une politique qu’ils refusent. Ils appellent cela la liberté et usent ensuite de la répression contre ceux qui oseraient contester l’ordre ainsi légitimé. La complexité de la vie politique n’est donc qu’une absence de vie politique et la remise au pas de la justice est d’ailleurs là pour conforter l’ordre établi (voir article de Michel Lambalieu).


Finalement, le chaos apparent n’est pas, tant s’en faut, sans cohérence. Le tout est de savoir qui profite de cette cohérence. Fêter le 22 septembre est donc un acte aussi symbolique que rassembleur. La réaffirmation des valeurs qu’incarne cette date permettrait la nécessaire refondation de l’ordre politique.





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