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Jeudi 19 Juillet 2018

 Lettre n°32: Editorial


   La démocratie déligitimée



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 Mardi 20 Octobre 2009

 Nos institutions ont été fondées pour rendre possible la liberté et la justice sociale nécessaires à la vie en société. Elles ont pour tâche de traduire les idéaux révolutionnaires de notre pays en lois et services publics, et d’empêcher enfin que triomphe la « loi du plus fort », comme l’est, par exemple, un régime d’investiture d’un seul homme ou la logique du libéralisme économique appliquée au secteur public. Depuis début octobre, et compte tenu des nombreuses dérives, tout le monde tient pour admis certains rapprochements de la vie politique de nos dirigeants avec la démagogie, le césarisme, le bonapartisme, le népotisme.

L’Aide sociale, l’Enseignement, l’Energie, l’Industrie, La Poste et les Transports sont ouverts à la privatisation sans que cessent les engagements des citoyens pour le maintien de ces services publics. Ainsi, le 3 octobre dernier, un « non » majoritaire s’est exprimé, suggérant l’usage de l’outil référendaire pour laisser le peuple décider de l’avenir de ses « grands services publics », comme on les nommait après la Libération. Mais de telles aspirations sont réduites à néant par le cynisme d’une classe dirigeante et de nombreux notables qui, dans la presse, voient le service public et la fonction publique comme une « mama» nourrissant des fainéants, favorisant l’ « assistanat » et la « machine égalitaire ». La haine contre les fonctionnaires est, dans ces conditions, particulièrement virulente (lire l’article d’André Bellon).

Dans le même temps, l’Europe dépolitisante se fait et, avec elle, l’écologie semble à la mode. La taxe carbone a même une fonction quasi chamanique. Il faudrait responsabiliser les citoyens sur l’électricité, l’eau, la pollution en l’occurrence. Pourtant, l’on ne perçoit pas bien pourquoi tant d’années après les années 1980, ce ne sont que les conséquences qui sont à pallier alors qu’il convient toujours de s’en prendre aux causes. Faudrait-il pour cela revoir nos indicateurs économiques nationaux ? Le PIB est-il encore suffisant pour exprimer les aspirations des citoyens à vivre en démocratie ? (lire l’article de Gilbert Legay).

Le peuple est à chaque fois, dans ces situations, convoqué en simple témoin et devrait avaliser une vie politique inexistante, veule, repliée sur des luttes de clans, des egos, la disparition de l’intérêt général, le mépris pour les institutions et même pour la séparation des pouvoirs (lire l’article d’Anne-Cécile Robert).

Jamais, pourtant, il ne s’y résigne. Et comme nous le faisions le 22 septembre dernier, en commémorant la naissance de la République, nous sommes de plus en plus nombreux à exiger de nouvelles règles du jeu politique. La démocratie est délégitimée par les dérives de l’exécutif. Mais le peuple n’a pas dit son dernier mot.





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