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Mercredi 25 Avril 2018

 Lettre n°34: Brèves


   Histoire de rire : l'Italie laïque



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 Vendredi 18 Décembre 2009

 En 2002, en Italie, Mme Soile Lautsi, résidant à Abano Terme, s'était plainte de la présence de plusieurs crucifix dans les salles de classe de l'école publique que fréquentaient ses enfants. Elle avait saisi le tribunal administratif pour que ces objets soient retirés des murs et elle fondait son argumentation sur le principe de laïcité de l'Etat et de l'Instruction publique, inscrit dans la Constitution transalpine. Le ministère italien avait protesté devant ce qu’il considérait comme une offense, jurant bizarrement que, si l'école était laïque, elle devait accepter la présence des croix. Enfin, le Conseil d'Etat avait lui aussi jugé que la laïcité n'était pas attaquée et, par un arrêt du 13 février 2006, rejeta le pourvoi de Mme L., au motif surprenant que "la croix est devenue une des valeurs laïques de la Constitution italienne et représente les valeurs de la vie civile".


Surprenante laïcité à l'italienne !


Récemment, la Cour européenne des droits de l'homme vient de sanctionner l'Etat de M. Berlusconi et le Ministère de l'Instruction publique sur cette affaire. On peut donc croire que les instances européennes, dont tant de thuriféraires nous expliquent qu’elles vont dans le bon sens en matière de laïcité, viennent de rectifier le tir. C’est loin d’être le cas. Car, si la Cour reconnaît qu'il s'agit là d'une violation à la liberté de conscience et au rôle de l'instruction publique, si elle déclare que « l’Etat doit s’abstenir d’imposer des croyances dans les lieux où les personnes sont dépendantes de lui », elle ne demande pas pour autant que les crucifix soient retirés. Elle règle le problème en octroyant un dédommagement de 5000 euros à la plaignante, restreignant ainsi la question à un cas individuel de liberté de pensée, à une affaire de morale et non à un problème d’intérêt public et de principe juridique. On objectera que la Cour ne pouvait pas faire autre chose, compte tenu de ses prérogatives (elle émane du Conseil de l’Europe) et du fait que les questions concernant la laïcité restent de la responsabilité des États. C’est heureux pour la France car la pensée dominante de l’union européenne est fondée sur une vision relativiste et non laïque. Les textes du Conseil de l'Europe inscrivent dans le champ politique l'identité « religieuse, ethnique ou culturelle ». L'Union européenne n'est pas en reste puisque le traité de Lisbonne affirme le droit à l’expression religieuse dans la vie publique.


Pour les italiens, où qu’ils se tournent, ils ne trouvent finalement que le Vatican.



J.M.


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