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Jeudi 19 Juillet 2018

 Lettre n°35: Editorial


   Et pourquoi pas un 2010 sans monarchie ?



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 Lundi 25 Janvier 2010

 L'année 2010 commence aussi mal que l'année 2009 s'est achevée. Qui s'en étonnera ? On aurait pu, pourtant, croire que la crise financière mondiale servirait de leçon aux thuriféraires de l'ultralibéralisme : Alan GREESPAN, grand gourou libéralien qui présida 19 années durant (de 1987 à 2006) aux destinées de la Banque Centrale américaine (Federal Reserve Bank, autrement dit : la FED), n'avoua-t-il pas récemment devant la commission d'enquête du Congrès : "Oui, j'ai constaté une faille. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais elle m'a plongé dans un grand désarroi". Mais ne nous berçons pas d'illusions : ces mêmes grandes banques, que les gouvernements ont renflouées à coups de milliards pris sur le budget de l'État, c'est-à-dire sur la contribution des citoyens, ont réalisé, on le sait maintenant, des bénéfices historiques en 2009. Comment, dès lors, imaginer un seul instant qu'elles renoncent à poursuivre une politique qui leur réussit si bien ?


Et ce n'est pas notre omniprésident, partisan convaincu, qui la remettra en cause.


Sa dernière proposition sur l'instauration de quotas au bénéfice des boursiers pour intégrer les Grandes Écoles, en est encore une illustration. Jérémy MERCIER nous montre comment, sous couvert de justice sociale, il ne fait que lâcher un écran de fumée destiné à masquer l'accroissement des inégalités résultant d'une politique continue de libéralisation du service public - et de l'Éducation Nationale en particulier – au profit du secteur privé.


Jouant toujours sur le registre des bons sentiments affichés, il nous abreuve en outre de mises en garde contre des décisions dont les générations futures auraient à pâtir par notre faute. Il en est ainsi des cris d'orfraie poussés sur le thème des déficits publics dont André BELLON analyse comment, in fine, ceux-ci sont aussi un moyen, pour ceux qui profitent du système, de pousser les citoyens à la résignation en les culpabilisant.


Dans un cas comme dans l'autre, il ne s'agit que de manœuvres dilatoires. Mais il faut aussi au Président avoir les coudées encore plus franches pour poursuivre la "Mondialisation heureuse" chère à Alain Minc. Et, pour cela, la majorité absolue dont il dispose à l'Assemblée et au Sénat ne lui suffit pas : le Conseil Constitutionnel, s'est permis, à deux reprises, de considérer comme contraires à la Constitution et à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, certaines dispositions des textes législatifs qui lui étaient soumis. Voici aussitôt contestée, sinon la légitimité, du moins la validité des décisions de cette institution. Or, quelles que soient, nous explique Anne-Cécile ROBERT, les réserves que l'on puisse émettre à son sujet, ce Conseil Constitutionnel reste paradoxalement, aujourd'hui, un rempart contre l'instauration d'un pouvoir absolu, fut-il sorti des urnes. Et les critiques dont il est l'objet de la part des décideurs sont avant tout révélatrices d'une crise de leur propre légitimité.


Car c'est bien là le drame : les atteintes constantes portées depuis des décennies à nos principes démocratiques par tous les pouvoirs successifs, ont vicié les règles du jeu politique, empêchent les vrais débats et font qu'aujourd'hui le peuple n'est plus maître de son destin. Alors, un seul espoir, un seul souhait : puisse 2010 voir se développer et prendre corps, au point qu'elle devienne incontournable, l'expression de la volonté populaire, seule fondatrice de la légitimité démocratique.





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