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 Lettre n°41: Brèves


   Quelle Histoire !



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 Mardi 14 Septembre 2010

 La réforme de l'enseignement, lancée voici deux ans par Xavier Darcos, entre progressivement en vigueur.


Après la refonte des programmes des classes de 6e, c'est au tour de ceux des 5e d'être modifiés. Au nom de la promotion d'une "histoire universelle", il est notamment prévu de rogner les heures consacrées à Napoléon et à Louis XIV au profit de cours sur les grands empires (africains, asiatiques, etc.). Dans le passé, par exemple dans les années 1950, l'éducation nationale s'étaient déjà ouverte, avec raison, à l'étude des "grandes civilisations" (classes de terminales, 1957).


Ce n'est donc pas l'idée qui choque que l'idéologie qu'elle sous-tend. Les partisans de la réforme ont notamment du mal à cacher une vision communautariste de la société. Ainsi, Hubert Tison, secrétaire général de l'Association des professeurs d'histoire-géographie, affirme-t-il (Le Figaro, 27 août 2010): «Beaucoup de jeunes sont d'origine africaine: il faut aussi qu'ils se reconnaissent un peu dans les programmes.» On a là l'archétype du discours figé sur les "origines" (qui sont d'abord celles des parents) dans lesquelles l'enfant devrait par nature se reconnaître, dont il dépend au détriment de son libre-arbitre et de l'appartenance à la communauté nationale.


On peut aussi s'interroger sur la pertinence de rogner sur la connaissance de l'histoire de France au moment où le lien social se délite sous le feu des inégalités, de la survalorisations des "identités" particulières et du dénigrement de la "chose publique" (la République).


Même l'historien officiel du régime sarkozyste, Max Gallo, s'inquiète du coup ainsi porté au socle des connaissances de base sur l'histoire de France. Il est vrai que son idole, Napoléon, en est la victime...


A-C.R.


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