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Mercredi 25 Avril 2018

 Lettre n°42: Editorial


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 Lundi 25 Octobre 2010

 Sarkozy aura eu un immense mérite. Il aura révélé encore plus que ces prédécesseurs et de la façon la plus brutale la nature du système qui enserre la vie des citoyens.

La question des retraites est particulièrement éclairante. Un Président qui décide de tout, y compris en contradiction avec ses propres engagements ; une presse aux ordres qui explique que ces choix sont la voie de la raison ; des parlementaires qui n’ont pour rôle que de servir de porte paroles sans idées personnelles ; une opposition engluée dans sa contradiction principale entre l’acceptation des règles des marchés financiers et la nécessité électorale de ne pas se couper du mouvement social. Et, par-dessus tout cela, une union européenne dont le rôle principal est d’imposer les règles pour aider les gouvernements, quels qu’ils soient, à s’opposer à leurs propres peuples.

Tout est soumis à cette nouvelle loi divine : satisfaire les marchés financiers. L’État ne décide plus qu’en apparence ; les agences –privées- de notation ont un pouvoir bien supérieur. Chacun doit voir l’intérêt général à cette aune et œuvrer pour des profits bien plus élevés chaque jour. Mais il s’agit d’un jeu bien pervers où l’on n’a que le droit de gagner. Gare à celui qui dérape. Kerviel est là pour lui indiquer les risques et le jugement ahurissant à son encontre montre la sanction qui attend ceux qui ne font pas partie du club de plus en plus étroit des privilégiés. Car tout le monde ne s’appelle pas Bouton ou Tapie. Bref, certains peuvent faire n’importe quoi quand tous les autres ne sont là que pour subir les conséquences….particulièrement s’ils y croient (Voir article de Jean-Pierre Alliot).

Certes, dira-t-on, il existe heureusement une opposition. Admettons qu’elle puisse provoquer une alternance. Mais son combat apparaît bien mièvre au regard des enjeux. À sa décharge, remarquons que les institutions, autant que la férule permanente de Bruxelles, ne lui laissent qu’un espace d’intervention bien restreint. Mais comment oublier qu’elle a non seulement accepté, mais encouragé ces contraintes ? Et s’il y a formellement une opposition, sa nature pose de plus en plus question et conduit à s’interroger sur ce qu’est fondamentalement la gauche (Voir article de Anne-Cécile Robert).

C’est, dans ce magma, que le citoyen s’estompe de plus en plus en tant qu’acteur de la société. Tout au plus s’apitoie-t-on sur lui lorsqu’il est en grande difficulté et voie-t-on alors se déverser des torrents de larmes –parfois fort médiatisés-. La nouvelle mode du care en est particulièrement typique (Voir article de Charles Coutel).

Sert-il alors à quelque chose de protester auprès de ceux qui dirigent le pays depuis plusieurs décennies ? Bien sûr que non. Le seul message à leur adresser est : « Cessez de vous réclamer de la République et de la démocratie alors que vous participez à leur destruction ! »

Il est grand temps de laisser le peuple trouver par lui même les moyens de gouverner pour lui-même et par lui-même.





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