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Jeudi 23 Mai 2019

 Lettre n°43: Editorial


   Où est la République ?



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 Mardi 16 Novembre 2010

 Le 9 novembre 2010, quelques jours après avoir été saisi par plusieurs parlementaires de l’opposition, le Conseil constitutionnel statuait sur la loi portant réforme des retraites. La haute autorité constitutionnelle a jugé conforme à la Constitution le report de l’âge d’ouverture du droit à une pension de retraite. Même s'ils ont, chose bien passée sous silence, censuré la scandaleuse réforme de la médecine du travail, les « Sages » ont donc validé une réforme refusée par des millions de citoyens.


Que reste-t-il à dire ? D’après le pouvoir, une page est tournée. Voire. La légitimité de tout l’équilibre institutionnel n’a-t-elle pas été mise en cause ? N’a-t-on pas vu la solidarité s’opposer à un pouvoir de plus en plus arbitraire, aux dérives antirépublicaines ? En ce sens, la contre-réforme des retraites a eu un effet libérateur en révélant la vraie nature du régime (lire l’article d’André BELLON). Le droit est trop l’outil des plus forts et les institutions, accaparées, sans réelle opposition, par la classe dirigeante, deviennent bien éloignées de toute souveraineté du peuple. « Un pour tous, tous pour un » : tel était l’idéal républicain pendant de longues années. « Chacun pour soi, enrichissez-vous ! » : tel est l’air du moment. Mais si, en France, le gouvernement ne cesse de remettre en cause les facteurs du vivre-ensemble et de la légalité, ce sont également les citoyens d’Italie, d’Angleterre ou encore de Grèce qui pâtissent aujourd’hui de tels symptômes récurrents : trahison des principes démocratiques par les gouvernants, attaques du droit du travail, libéralisation forcenée, montée des pressions religieuses, mises au pas des citoyens et des médias, mépris des institutions sociales et décomposition de l’Etat-providence, accroissement des inégalités économiques et scolaires.


Alors qu’en France s’ouvrent des débats insignifiants sur un remaniement ministériel, les tentatives de récupération de De Gaulle par Sarkozy apparaissent bien pathétiques au regard des espoirs nés à la Libération et de la force du programme du CNR que les modernes dirigeants cherchent systématiquement à détruire (lire l’article de Gilbert LEGAY). Sous couvert de changements, il y a aujourd’hui une destruction systématique des acquis sociaux, mais aussi de tous les éléments de cohésion sociale (disparition des services publics…). Mais, toujours plus, il y a retour à une vie institutionnelle d’Ancien régime, chaque jour illustrée par le mépris des puissants. L’utilisation du délit d’outrage n’est-il pas une illustration dramatique de ce recul ? (lire l’article de Etienne TARRIDE).


Aboutira-t-on bientôt à un oubli de l’histoire de la Révolution française et du Conseil National de la Résistance ? Certains s’en réjouissent déjà. Heureusement, de plus en plus de citoyens veulent s’extraire de cette logique et retrouver leur souveraineté. Vive donc la République !






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