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 Lettre n°53: Note de lecture


   Divorce sans consentement mutuel



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 Jeudi 17 Novembre 2011

 L’ouvrage du journaliste Dominique Dutilloy ne donne pas seulement un grave éclairage sur trois « gifles » électorales passées (21 avril 2002, régionales de 2004 et 29 mai 2005). Il explique aussi les raisons de ces différents divorces « sans consentement mutuel » entre la classe politique et les citoyens. Ainsi, même si pour l’auteur le 21 avril 2002 a eu des conséquences « incalculables », son livre permet d’en déterminer quelques unes avec amertume, tout en nous offrant la lucidité d’en entrevoir les causes : reniement des classes populaires par le PS, confusion « vote blanc »/ « abstention », fin de la participation des communistes au gouvernement dès 1984, introduction du scrutin à la proportionnelle en 1986, propos inacceptables de Lionel Jospin face aux licenciements (« il ne faut pas tout attendre de l’Etat et du gouvernement »), consensualisme avec les entreprises de sondages, dégradation économique, délocalisations en nombre, augmentation du chômage, démantèlement du service public, construction européenne, soumission à la mondialisation. L’interrogation de Dutilloy sur les citoyens « déçus des partis » (PCF, PS) trouve alors son sens, même si l’on peut regretter que l’auteur qualifie à présent, beaucoup trop vite, le FN de « premier parti ouvrier français » en remplacement du PCF. Son livre donne enfin l’illustration, en rappelant les mesures adoptées par les successifs Gouvernements Raffarin, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur, d’un divorce politique qui n’a fait que s’intensifier. Une crise. Peut-être plus qu’un divorce, une dictature ? C'est cela, peut-être, que Dutilloy aurait pu davantage examiner.


Dominique DUTILLOY, Divorce sans consentement mutuel. Le Roman de trois gifles électorales annoncées, Paris, 2010, Edilivre Aparis, 184 pages, 17€.



J.M.


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