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Jeudi 22 Février 2018

 Lettre n°54: Editorial


   Pour la dignité



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 Lundi 19 Décembre 2011

 «Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté ». Ainsi parlait Confucius il y a déjà bien longtemps. La maxime n’a jamais autant paru d’actualité. Ce n’est plus tellement que les responsables politiques, Président de la République en tête, mentent effrontément, qu’ils racontent des bobards quant au rôle de la France dans ses négociations avec l’Allemagne (voir article d’Étienne Tarride). C’est, de façon bien plus grave, qu’ils utilisent un vocabulaire qui ne correspond plus à rien sauf à ce qu’ils souhaitent sans le dire (voir article de René Robert). Manière de gouverner qui rappelle fort le monde d’Orwell. Ainsi le vocable « souveraineté » qui correspond à la prééminence de la volonté populaire est-il utilisé pour caractériser un système de double aliénation : aliénation des citoyens qui n’ont aucun contrôle sur ce Président, aliénation du Président lui-même qui n’a qu’à s’incliner devant les diktats des opérateurs financiers. Tout au plus le mot « souveraineté » est-il depuis quelques temps employé pour faire croire que ce Président/ proconsul de la mondialisation financière a quelques pouvoirs.


Manière sans doute d’entraîner les électeurs à « bien voter », chacun des candidats explique –comme d’ailleurs lors des élections précédentes- qu’il saura influencer un jeu économique sur lequel il ne peut, en fait, pas grand chose.


Fort de ces belles attitudes et de ces effets de manche, l’heureux élu pourra ainsi mener la politique d’austérité pour laquelle le système bancaire a désigné certains de ses membres éminents diriger la Grèce et l’Italie. Au nom du réalisme politique et d’une perspective de croissance qui s’apparente assez à l’arlésienne, il pourra demander au peuple des sacrifices encore plus lourds que les précédents, pourtant déjà bien iniques et bien insupportables (voir article de Anne-Cécile Robert).


Ainsi va le monde aujourd’hui. Utiliser pour un tel système le mot de démocratie est purement une honte, le plus grave étant le mépris ainsi manifesté à l’égard des citoyens et le recul de plusieurs siècles par cette remise en cause des valeurs de l’Humanisme. Mais si une telle brutalité à l’égard de l’humanité aboutit à générer la violence et les aventures sinistres, il ne faudra pas dire « On n’a pas voulu cela ».





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