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Jeudi 23 Mai 2019

 Lettre n°54: Chronique de l'antirépublique


   Contre la finance souveraine, vive le peuple souverain !



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 Lundi 19 Décembre 2011

 par René Robert




Les développements récents du feuilleton de la dette grecque mettent en lumière quelques éléments connus qu’ils confirment jusqu’à la caricature.


I) Les marchés sont contre le peuple



1) Les marchés financiers dirigent les gouvernements.


Les marchés, c’est-à-dire, les fonds de pension, les institutions financières, dont les banques privées, les compagnies d’assurances, les trésoreries des grands groupes industriels, les rentiers petits et grands…Bref, tous ceux qui spéculent à tout va, imposent leurs diktats !


2) Les gouvernements et l’Union Européenne sont au service du marché.


La soumission de l’UE et des gouvernements européens aux intérêts exclusifs d’une oligarchie détentrice des capitaux ou jouant avec, n’a jamais été aussi évidente. Les gouvernements sont acteurs de leur propre endettement, que Bruxelles s’emploie à maintenir ou à accroître, tout en prétendant le combattre. Mais ces gouvernements ont abandonné volontairement leur souveraineté aux institutions de Bruxelles, au mépris absolu de leur peuple. On sait pourtant, depuis 1789, que le peuple est le seul détenteur légitime de la souveraineté.


3) Les dettes dites souveraines, moyen ultime pour écraser les peuples.


Aucun gouvernement, en dehors des dictatures, ne pourrait imposer à son peuple les plans d’austérité concoctés à Bruxelles ou Paris. Car ces plans ne peuvent que provoquer une régression sociale inouïe et une récession qui ne feront que renforcer l’endettement. La dette souveraine est le moyen idéal pour faire peur au peuple, l’accabler de reproches injustifiés et tenter de lui faire avaler la cure d’austérité présentée comme seul moyen de régler la situation. Les remèdes proposés ont déjà été utilisés et ont toujours échoués ! Mais l’aveuglement volontaire persiste et les média à la botte veillent au grain !



II) La finance et ses suppôts ont peur du peuple



1) La finance internationale mondialisée a peur du peuple.


Dès l’annonce du referendum par Mr Papandréou, les marchés financiers s’affolèrent, comme disent les commentateurs serviles. Cet affolement provoqua une chute plus ou moins forte des valeurs boursières, surtout celles des banques qui avaient acheté de la dette grecque, en espérant s’enrichir sur le dos des peuples, comme le prévoit la règle du jeu de la spéculation financière.


Horreur le peuple allait s’en mêler ! Et le peuple dirait non aux spéculateurs de tout poil : ça s’est déjà vu !


2) Les agences de notations ont peur du peuple !


Aussitôt après l’annonce du referendum, elles menacèrent de baisser leur note détestable et ridicule, qui ne fait peur qu’à ceux qui ne demandent qu’à être effrayés et qui permet aux spéculateurs de s’enrichir davantage. La baisse de la note financière, excommunication moderne des grands prêtres du Veau d’Or !

Horreur le peuple va s’en mêler !


3) L’Union Européenne et les gouvernements à sa botte, ainsi que le FMI, l’OMC, j’en passe et des meilleurs, ont peur du peuple.


Un referendum ! Aussitôt c’est la panique : les réunions précipitées, convoquées par notre roquet national, serviteur agité de Madame Merkel ; le G 20, Obama, la Chine (il ne manquait que les Martiens !) ; la convocation de Papandréou, l’irresponsable ; les menaces ; les engueulades ; les injonctions ; la mise en scène, le spectacle médiatique : le théâtre des valets de la finance, terrorisés par l’irruption possible du peuple.

Horreur le peuple va s’en mêler !

En même temps, on interpelle à nouveau le peuple, on le culpabilise, on l’accuse de paresse, d’inconscience, d’excès de protection sociale et de services publics, surtout le peuple français ; le peuple : « ce pelé, ce galeux, d’où vient tout le mal », comme disait La Fontaine, qui s’y connaissait en inégalités et en injustices. Il fallait empêcher le peuple de s’en mêler !

Mais tous ces prédateurs cyniques ont eu peur pour rien : la menace de referendum n’était qu’une ruse grossière et ignoble de Papandréou, ce social-démocrate aux abois.

Dormez tranquille prédateurs : le referendum c’était pour rire !


4) La trahison de la social-démocratie.


Papandreou a osé se servir du peuple, pour mieux le plier aux intérêts exclusifs de la finance, tout en essayant de sauver son poste de Premier Ministre ! Il a instrumentalisé le referendum !

Voilà jusqu’où peut aller la social-démocratie depuis qu’elle a renoncé au Socialisme en se convertissant à l’économie de marché. La première fois, c’était les socialistes allemands en 1949 ; les socialistes français en 1992 ! Depuis les socio-démocrates vénèrent également les institutions européennes, pourtant construites contre les peuples, la démocratie, la nation et la République !

La social-démocratie aussi a peur du peuple !


La démocratie va-t-elle mourir à Athènes, là où elle naquit il y a 25 siècles ? Le peuple à qui on ne veut pas donner la parole, doit la prendre lui-même. Merde à la finance ; vive le peuple souverain !


René Robert


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