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Vendredi 19 Avril 2019

 Lettre n°54: Note de lecture


   La dignité de penser



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 Lundi 19 Décembre 2011

 Le psychanalyste Roland Gori insiste, dans cet ouvrage, sur la résistance de la pensée face au néolibéralisme. Une résistance vitale qui s’impose par un « non » aux appareils idéologiques du marché. Pour lui en effet, comme le pense par exemple André Bellon, une première chose doit être admise : la démocratie n’est plus. Nous sommes entrés dans une phase de démocratie totalitaire ou de totalitarisme tranquille. Cette ère insuffle de profonds mécontentements, des mouvements sociaux importants (Indignés, etc.), un peuple qui respire encore et se débat. Mais en tant qu’hommes, les individus sont progressivement menacés par le « technofascisme », la novlangue, la censure sociale et le vide de la pensée, la réification, l’anesthésie des idées. Bien évidemment, le domaine de la psychiatrie, que connaît parfaitement Roland Gori, comme le milieu médical, sont sévèrement attaqués par l’évaluation, la rentabilité, la folie de la médicamentation. Cela participe d’un mouvement de mise au pli de la société par l’économie et une classe dirigeante qui se refuse à laisser le temps à l’humanité de se rendre digne. La dignité de penser c’est donc tout à la fois une revalorisation du récit, prendre le temps de parler autour de soi, avoir le courage d’être critique et de rejeter les normes du pouvoir actuel. Ce n’est pas suivre la mode, c’est résister par la parole et les actes.



Roland GORI, La dignité de penser, Les liens qui libèrent, 2011, 187 pages, 16€.


J.M.


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