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Mardi 23 Janvier 2018

 Lettre n°55: Un mot dans l'air du temps


   "Assemblées communales"



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 Vendredi 20 Janvier 2012

 par Christian Berthier


Il n’est plus possible de parler "du peuple" en général sans parler de sa volonté de reprendre le pouvoir. Cette volonté résulte de la situation intolérable qui lui est faite, de l’impuissance des « sortants » à améliorer cette situation. Elle s’est traduite paradoxalement par une abstention politique répétée et croissante.

Sans contenu clair d'aller vers le pouvoir pour résoudre ses propres problèmes, l’invocation du « peuple » devient une imploration...apolitique.

Les Français ont maintenant une longue expérience des faux-semblants politiques et des « oppositions » qui fondent au soleil de l’exercice d’un pouvoir d’état et de la continuité forcée de ses politiques.

En fait, c’est dès 2008 qu’il aurait fallu appeler à la dissolution d'un parlement sans mandat, car aucun parti n'avait soumis ses propres solutions concrètes à une crise qui a éclaté après les législatives de 2007.

L'immense majorité du peuple est bien au courant des enjeux vitaux pour elle-même. C'est pour cela qu'elle a voté NON en 2005 et s'est abstenue ensuite.
Le « peuple » n’en pense pas moins, car il souffre de plus en plus.

Les événement du "monde arabe" montrent aussi à tous, qu'il est possible que, demain, ce même peuple se mette en mouvement par dessus tous les partis et avec ceux qui le suivront et lui seront utiles.
Urgents et opportuns, l'élection et les travaux d'une constituante "souveraine" n'ont pas les mêmes rythmes que la question du pouvoir, d'un gouvernement d'urgence - sans doute lui aussi élu.

Il faudra défendre cette Constituante pour qu’elle puisse délibérer. Il faudra prendre des mesures exécutives et financières urgentes pour toute la France et toutes ses collectivités locales.
En effet, le peuple n’est pas une abstraction nationale. Les citoyens et les famille gardent un ancrage où ils vivent, dans une commune et dans une politique de proximité.
Or, les « lois territoires » et la RGPP ont entrepris de détruire cet ancrage au profit des régions et de l’état.

Comment un élu et ses électeurs peuvent-ils accepter de voir se recroqueviller leurs mandats par la grâce du Prince et de ses « dettes » ?
Dès que la contestation des institutions de la 5eme république sera d’un niveau tel (ce peut être dès le printemps 2012) qu’elle posera la question de sa légitimité, la renaissance des « assemblées communales » (ou de « paroisse » en 1789-1791) sera à l’ordre du jour.

Ces assemblées communales sont en germe dans les référendums contre la réforme de la Poste organisés, malgré les injonctions des préfets, par des milliers de municipalités en octobre 2009 et finalement étouffés par les organisateurs.
C'est le peuple qui se met en mouvement pour exercer son pouvoir et pas seulement "les maires" que la Vème République a tout fait pour séparer de leurs conseillers municipaux et de leurs « administrés » Par les « lois territoires » leurs mandats sont devenus irréalisables.

La ré-émergence de ces assemblées communales est aussi inscrite dans l’effondrement sur le plan local des structures syndicales et associatives fédérées, de sorte que c’est vers le conseil municipal que se tournent les citoyens frappés le plus durement par la crise et les contre-reformes.

Il est impossible actuellement de savoir quelles formes prendront ces « assemblées communales » dans le cadre des villes moyennes et métropoles. C’est d’un grand intérêt car c’est autour d’elles que se structurent l’action et l’unité de l’Etat. « Conseils de quartiers » ou « d’arrondissements », « comités de la Libération », comités d’administrations, services publics, entreprises. Il est impossible de prévoir une forme unique qui tienne compte de l’histoire de chaque ville et des problèmes urgents auxquels sont confrontés leurs habitants.

Ainsi, et pour mémoire, les dizaines de « Communes » qui ont surgit pendant quelques semaines en 1871 dans les villes de France avaient adopté des formes très diverses.


Christian Berthier


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