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Samedi 21 Avril 2018

 Lettre n°60: L'événement


   Y a-t-il encore un avenir pour l’Union Européenne ?



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 Mercredi 20 Juin 2012

 par Christian Berthier


Dans notre commune Histoire humaine, fort rares semblent avoir été les fusions mutuellement consenties entre peuples. Faute d’évidents avantages mutuels et/ou d’une grande communauté ethno/culturelle et/ou d’une écrasante supériorité numérique ou militaire, la question se réglait au fil de l’épée.


Il n’est que de rappeler à nos amis américains que l’extermination des nations indiennes fut leur tribut à l’unification des USA.


Or, l’unification européenne, même réduite à une « union économique », fut placée dès son origine, et par ses officiels « pères fondateurs » sur un terrain ou elle aurait été une innovation historique. Celle de la création pacifique d’un peuple européen par en haut et par un centre.


Et aujourd’hui, il s’agirait de parfaire une union européenne de 500 millions d’individus !


Nous en sommes très loin. L’Union européenne une association de vingt-sept États qui délèguent par des traités formels l'exercice de certaines de leurs compétences à des organes communs.


L'acte fondateur de l'Union européenne est la Déclaration du 9 mai 1950 du ministre des affaires étrangères Robert Robert Schuman. Six États créent en 1951 la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Après l'échec d'une Communauté européenne de défense en 1954, une Communauté économique européenne par le traité de Rome est fondée approfondie par l'Acte unique européen en 1986.


En 1992, le traité de Maastricht institue l'Union européenne. De nouvelles réformes institutionnelles sont introduites en 1997, 2001 puis 2009 par le traité de Lisbonne…et par un traité séparé sur son fonctionnement (TFUE). Les « institutions » sont en partie supranationales, en partie intergouvernementales.


La Commission européenne est « investie » par le Parlement après sa nomination par Conseil européen. La Cour de justice est chargée de veiller à l'application du droit de l'UE. Le parlement n’a pas droit d’initiative des lois (les fameuses « directives » et Règlements proposées par la commission européenne).


L’ensemble se renforce chaque année du haut vers un « bas » constitué des législations nationales et de leurs pouvoirs locaux ou « territoires » sans mention des humains qui y vivent, ni contrôle direct sur la Commission, le Conseil des ministres ou la Banque centrale européenne.


Progressivement, le principe de « subsidiarité » hérité du principe centralisateur du gouvernement de l’église catholique est imposé par la loi à la souveraineté du seul peuple qui s’exprime par des votes de collectifs de citoyens.


En haut, il y a l’Europe et en bas, il y a les peuples dispersés en des « territoires » sans pouvoir légal d’influer sur ses conditions de vie et de production. En haut ils sont quelques dizaines de milliers, en bas ils sont 500 millions.


Or, la Société humaine n’est constituée que d’être humains qui vivent, s’activent pour vivre et continuent à se multiplier. Si même il existait un Grand Architecte, son ouvrage dépendrait de l’action de la multitude des peuples et de leur survie.


Actuellement et sur une base beaucoup plus large qu’au cours des précédentes convulsions historiques, le « Bas » de la société humaine. obéit a des lois totalement différentes de celles du « Haut ».


En bas, règne la nécessité et l’organisation pour la survie de la production des choses et des services et de leur répartition entre les êtres. Proximité et urgence sont des critères importants de survie.


En haut règne le commerce des créances, c’est à dire des espoirs de droits aux revenus pouvant provenir de la réalisation de projets menés jusqu’à leurs termes rémunérateurs. Commerce, créances et garanties ne peuvent trouver leurs nécessaires contreparties et garanties que sur une base de plus en plus large et dans des délais de plus en plus longs, au delà des Nations, voire de l’Europe.


Alors les banques s’endettent auprès des états…et ceux-ci auprès des mêmes banques !… A charge pour eux de récupérer les intérêts auprès de la multitude du monde d’en bas sous prétexte d’Europe!


Les savantes institutions de l’Union européenne sont impuissantes a régler ce genre de problème. La concurrence « libre et non faussée » ne peut réduire le coût du travail à un niveau permettant à la Finance d’en haut de se partager pacifiquement les intérêts et les dettes des uns par rapport aux autres. Chacun se bat pour être un survivant de la prochaine « liquidation » mensuelle et garder un accès au crédit de son état aux frais du peuple de celui-ci.


Et depuis plus de 100 ans, les peuples concernés avaient fini par mettre un terme à cet agiotage meurtrier pour eux. Etat par Etat, la victoire définitive a fini par leur échapper, mais pas le retour à une économie et des pouvoirs de proximité débarrassés des dettes fictives qui auraient rendu impossible le redressement économique et social.


Cadre financier chargé d’organiser la convertibilité du dollar et le remboursement des créances dans les pays européens, l’Union Européenne court à sa perte et ne trouve aucun répit dans sa tentative de liquidation des assemblées élues et de la souveraineté des peuples d’Europe.


Christian Berthier


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