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Samedi 22 Septembre 2018

 Lettre n°68: Editorial


   Fermez les yeux, tout est tranquille !



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 Mardi 26 Mars 2013

 L’actualité est riche même si, allez savoir pourquoi, beaucoup de journalistes, surtout dans l’audiovisuel, ne semblent pas toujours le remarquer. Surtout, bien peu sont-ils à repérer le lien entre les évènements. Or, à y regarder de près, tant de faits tournent autour du rôle du Parlement, du fonctionnement de la démocratie, de la souveraineté populaire, qu’il apparaît impossible de négliger cet aspect fondamental.

Tout d’abord, le rejet des partis porteurs de la politique d’austérité est patent et celle-ci ne peut continuer d’être mise en œuvre en France que grâce à un système fort peu démocratique qui ne laisse le choix qu’entre deux partis porteurs de la même politique. Dès qu’un espace électoral s’ouvre, comme en Italie, le rejet des « conformes » est patent, le score pitoyable de Mario Monti, pourtant adulé par la classe dirigeante, en est la preuve (Voir article de Jérémy Mercier). Bien sûr, les porte parole de l’ordre dominant balayent d’un revers de mains ce vote : « populiste », affirment-ils, pour mettre fin à tout débat.

Dans le même temps, les règles de l’Union européenne pèsent pour imposer de plus en plus la « seule politique possible », celle qui n’a que le bien être des marchés financiers pour objectif. Politique bien contradictoire et fort peu démocratique au demeurant car, à force de pressurer les citoyens, on diminue la richesse nationale en prétendant aider à son développement (Voir article de Étienne Tarride).

Certes, le mot de démocratie est dans toutes les bouches, surtout celles qui n’en ont que faire. Dans le même temps où les dirigeants se retranchent derrière la volonté de Parlements qu’ils contrôlent, ils modifient les règles du jeu des élections au bénéfice de critères justes en eux-mêmes, mais qui permettent d’ignorer la déchéance des Parlements. Ainsi la présence des femmes dans les assemblées élues, objectif fort justifié, permet-il de faire oublier l’inutilité croissante de celles-ci (Voir article de Gilbert Legay).

Dans le même temps où la démocratie est mise à mal, où le parlementarisme s’étiole, d’autres pays tentent des expériences de rénovation de la vie publique ; Le décès de Hugo Chavez a rappelé ses rapports à la démocratie et sa mise en place d’une Assemblée constituante pratiquement la même semaine où le Président islandais, en visite en France, indiquait que même en Europe une autre voie est possible (Voir http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article665).
Mais curieusement (sic), l’écho donné à ces tentatives est infime au regard de celui donné aux efforts des soi-disants experts qui continuent de massacrer la vie publique. Quant aux votes dissidents qui s’expriment dans les élections, il n’est question que de les mépriser. Populiste, vous dit-on ! Ainsi se clôt le débat. Qui pourra dire ensuite : « je ne l’ai pas voulu.





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