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Vendredi 16 Novembre 2018

 Lettre n°68: Brève


   Questions au gouvernement



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 Mardi 26 Mars 2013

 Si votre emploi du temps vous le permet, ne vous privez pas d’un spectacle qui vous en apprendra beaucoup sur la réalité de notre vie politique ; il s’agit de l’émission « Questions au gouvernement » retransmise en direct de l’Assemblée nationale à 14 heures 55 le mardi et le mercredi sur FR3 et du Sénat le jeudi, à la même heure sur la même chaîne.
Les sénateurs se montrent généralement plus sages et disciplinés dans l’exercice de leur mission que leurs collègues députés, car ces derniers ne loupent jamais une occasion de manifester bruyamment leur désapprobation ou leur indignation, quand ils sont dans l’opposition, infligeant à la majorité ce qu’eux-mêmes subissaient quand ils étaient au pouvoir.
Cette émission est aussi pour un député, l’opportunité d’interpeller le chef du gouvernement ou un ministre en exercice, apportant ainsi à ses électeurs la preuve de son assiduité et de sa pugnacité. Entouré de prés par ses voisins qui manifestent leur soutien en opinant du chef, le député est la vedette pendant trois minutes… Ainsi, le mardi 26 février, un député de l’ancienne majorité s’indignait d’apprendre que le gouvernement envisageait de fiscaliser les allocations familiales, afin que seuls en bénéficient les non-imposables et les faibles revenus… Il conclut son intervention par un argument de poids : « cette solution est en contradiction avec l’esprit du Programme du Conseil National de la Résistance qui voulait que tous les enfants de France, quel que soit leur milieu social soient bénéficiaires de cette allocation ! ».

Je dois dire qu’en entendant cet argument inattendu, j’ai failli tomber de ma chaise car, si je ne me trompe, cela fait vingt ans et plus que ce député ou celui qui occupait son siège avant lui, ses collègues en opposition ou en majorité, en bref, une bonne partie de l’hémicycle, piétinent le fameux Programme sans demander l’avis de la Nation. C’est de cette façon que les ordonnances de 44, les grands services publics de l’eau, de l’électricité, du gaz, de la poste, sont passés à la trappe de la privatisation, comme les autoroutes et peut-être demain des pans entiers des services de santé et de l’éducation nationale au prétexte de « réformes » !

Sans doute viendra-t-il un jour où la Nation décidera d’arrêter ce « piétinement destructeur » et renverra à leurs chères études ces députés à l’indignation sélective. Eux qui montent aux créneaux quand il s’agit de défendre les gros revenus, invoquent-ils le fameux Programme, quand les délocalisations ou les dépôts de bilan boursier plongent dans l’angoisse et dans la misère des milliers de travailleurs et leurs familles ?


G.L.


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