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Samedi 22 Septembre 2018

 Lettre n°68: Note de lecture


   Démocratie. Le nom volé d'une idée violée.



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 Mardi 26 Mars 2013

 Le livre de Jean-Claude Martin, président d’honneur de l’université Toulouse IIII, est entièrement dédié à la notion de démocratie. Celle-ci peut être, pour certains, un imbroglio de définitions héréroclites et contradictoires, depuis la définition que l’on tient pour acquise de Lincoln : la démocratie comme règle des 3 P. C’est la raison pour laquelle Jean-Claude Martin redéfinit constamment ce terme à partir de la chose qu’elle est, comme de ce qu’elle n’est pas, pour arriver à une définition plus précise et audacieuse : « la démocratie est une fonction croissante du degré de possession des pouvoirs de gouvernement par le peuple ». C’est le peuple, avec ses classes inférieures, qui possède, en démocratie, les pouvoirs de gouvernement de la société, continue l’auteur. I précise, de surcroît, toute la nature du pouvoir en démocratie, comme dans d’autres régimes, et met l’accent sur une définition très judicieuse du despotisme comme État au sein duquel il n’y a plus de liberté d’action. Or, poursuit Martin, lorsqu’il n’y a plus liberté de décision ni liberté d’action, il n’y a plus de démocratie. D’où cette enquête minutieuse du fondement philosophique, politique et quasi mathématique de la démocratie comme principe d’égalité des citoyens dans le gouvernement de la société (p.202). Mais le pouvoir n’est-il pas souvent détourné par les élus ? C’est là encore une raison justifiant, selon l’auteur, la convocation d’un référendum (« Voulez-vous plus de démocratie ? ») tout autant que convoquant des débats et sortant de l’économisme et des corruptions. Finalement, l’avenir est ce qu’en fera le peuple. Voilà pourquoi l’auteur pourrrait souscrire à l’idée d’une Constituante (en s’intéressant aussi à la Suisse). Car selon Jean-Claude Martin, humaniste, « il n’y a aucune autre issue que de croire au peuple, car, à désespérer de lui, c’est de l’homme qu’on désespère. Il n’y a pas d’autre issue que l’espoir en nous-mêmes rassemblés en démocratie, pour décider, agir et mieux vivre, plus nombreux, différents mais semblables. » (p. 398)




Jean-Claude MARTIN, Démocratie. Le nom volé d’une idée violée, A contre-pied (http://www.la-democratie.fr/), 400 pages.


J.M.


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