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Jeudi 18 Octobre 2018

 Lettre n°8: Editorial


   L'occasion de faire exploser le système



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 Vendredi 13 Avril 2007

 Comment, à la veille de l'élection présidentielle, le peuple peut-il déterminer son choix ? Sa volonté, elle a été exprimée, notamment le 29 mai 2005 : il ne veut pas de cette Europe construite par les partis qui se sont partagés le pouvoir en alternance depuis des décennies. Mais qui, parmi les douze candidats, peut légitimement affirmer qu'il représente cette aspiration ? Les grands moyens d'information ne le révéleront pas, eux qui prétendent dire aux citoyens ce qu'ils pensent pour mieux leur dire comment ils doivent voter.
Aujourd'hui, les médias de masse ne savent plus où donner de la tête. Leurs échecs successifs, à l'occasion de la dernière présidentielle et du référendum européen, devraient leur avoir appris la prudence vis-à-vis des sondages. Ils persistent cependant et même multiplient ces manipulations. Mais avec une tare insurmontable au départ : comme les classes dirigeantes ne savent plus qui sera le meilleur candidat pour imposer le traité européen, ces journaux sont indécis et ne savent plus qui des trois partisans du oui au traité de 2005 doit avoir leur faveur. Leur indécision, ils la transmettent aux entreprises de sondages dont le business est de satisfaire leurs clients, c'est-à-dire le complexe médiatico industriel. Voilà pourquoi nos très savants sondeurs découvrent que les électeurs sont « indécis ». Ils nous livrent donc une production digne des pages de pronostics hippiques des quotidiens et transforment la course à l'Élysée en tiercé.
Cependant, l'indécision n'est que dans la tête des diverses parties des couches dirigeantes du pays, qui calculent et supputent et s'opposent sur les meilleurs solutions à mettre en œuvre pour finir par imposer au peuple un traité dont, décidément, il ne veut pas. Ces divisions d'en haut sont l'occasion d'affirmer l'unité d'en bas, par des votes, ou des antivotes, d'opposition au système. Le vote Bayrou, pour nombre de citoyens, sera de ce style : moins une adhésion au programme qu'une façon de rejeter une élection préfabriquée. La rupture avec l'Union européenne a aussi l'occasion de s'exprimer, les 22 avril et 6 mai. On votera blanc si on estime qu'aucun candidat n'est porteur ce cette volonté. Ou bien on considérera que la position de candidat de témoignage à quoi le système veut réduire tel « petit candidat » peut être contestée et être transformée en jalon vers une représentation politique à construire. Surtout si ce vote ne mène pas, au second tour, au soutien à un partisan du oui. Ou à une. Quoi qu'il en soit, cette élection a tous les atouts pour être une élection de rupture.





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