République !
Mardi 17 Juillet 2018

 Lettre n°9: Editorial


   Les vrais clivages



  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte  Imprimer cet article  Version .pdf 

 Samedi 02 Juin 2007

 L’élection présidentielle a apparemment tranché. Les français ont choisi un projet contre un autre, un candidat contre un autre. En fait, on ne leur a pas donné de vrai choix. Depuis des années, le refrain est le même : nous sommes en démocratie, mais les options proposées ne sont que des versions à peine nuancées de la même partition. Depuis des années, nous vivons au rythme de la nécessaire adaptation de la France aux contraintes de la mondialisation, de la mort programmée de l’exception française. Ce n’est pas un hasard si les deux candidats dits principaux se sont tous deux révélés enthousiastes de la méthode d’Anthony Blair. La seule différence entre eux réside dans le rythme proposé pour cette « modernisation ». Nicolas Sarkozy veut la faire au pas de charge ; Ségolène Royal veut y mettre des formes, même si ses nuances sont bien plus faibles que celles que proposaient les précédents candidats socialistes.
Présenter alors l’affrontement entre UMP et PS comme fondamental relève de la tromperie pure et simple. On peut même dire que le candidat de l’UMP a bénéficié de la clarté et est ainsi apparu comme porteur d’un vrai changement.
Le vrai clivage réside, de nos jours, entre le mondialisme et l’internationalisme, entre une Europe destructrice des peuples, des nations et de la démocratie et la construction de solidarités intra européennes ; entre une conception de l’individu libre au sein d’une société laïque et celle d’individus asservis à leurs ethnies, leurs particularismes et leurs religions. En bref, plus la mondialisation pèse sur les individus et plus s’impose le besoin des principes républicains.
Les partis dits « de gouvernement » ne pouvaient ignorer cette situation et tout particulièrement le PS. Le résultat du référendum du 29 mai 2005 avait clairement marqué le choix des français. Tout a été fait pour gommer cet événement et, tout particulièrement au PS, pour marginaliser ses défenseurs. Pour l’essentiel, le premier tour a imposé le bipartisme entre les deux conceptions de la marche vers la mondialisation. Le deuxième tour a valorisé le plus cohérent des candidats.
Il n’est pas question de nier la force du clivage droite contre gauche. Mais lorsque la prétendue gauche est porteuse, pour l’essentiel, d’un projet de libéralisme économique, cette opposition est fictive. Elle ne sert qu’à tromper les esprits. Réaffirmer les valeurs de gauche passe avant tout par l’opposition à un processus de mondialisation qui n’est que l’instrument de leur destruction.
On ne peut, en effet, parler sérieusement de réguler un processus dont l’objectif est justement la dérégulation. Il n’est que de voir comment les puissances dominantes réagissent avec violence dès que les règles mondialisées sont mises en cause pour comprendre la nature du système qui nous oppresse jour après jour davantage. Les principes de justice, de liberté, dont on nous abreuve quotidiennement ne sont que de la poudre aux yeux destinée à légitimer le système. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en particulier, ne sert qu’à intervenir contre les gêneurs et ne s’applique certainement pas à nous. Y a-t-il d’ailleurs encore un peuple, au sens politique, dans la construction du monde « moderne » ? Le 29 mai avait été un des rares moments de véritable expression populaire. Si un autre monde est possible, c’est au travers de ce genre d’événements qu’il peut être entr'aperçu. Une classe politique sans envergure, accrochée à sa vision du monde, ne veut pas en tenir compte. Ce n’est pas pour autant que nous devons abandonner.





  Autres articles


  Textes Fondateurs
      Condorcet

   


Pas de doctrine officielle


"On a dit que l’enseignement de la constitution de chaque pays devait y faire partie de l’instruction nationale. Cela est vrai, sans doute, si on en parle comme d’un fait ; si on se contente de l’expliquer et de la...[Lire la suite]



  Lettre n°63: Brève
      Télévision du soir...bonsoir !

    Il est minuit, ce vendredi de fin septembre… la télévision est ouverte…
j’entends mais je n’écoute pas…...[Lire la suite]


  • © MWebmaster 2006-2018 - Le Groupe République !