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 Lettre n°4: Editorial


   Variations sur le mépris du peuple



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 Mercredi 20 Décembre 2006

 Le plus grave, dans la situation politique que caractérise la présidentielle, n’est pas le manque de consistance des propositions des principaux candidats, ni même la quasi absence de divergences importantes. Le plus grave, c’est l’apparente volonté des responsables politiques de ne même plus chercher à rétablir le contact avec leur propre peuple. Tous les candidats affichent leur volonté d'écouter les Français, de leur parler. Mais le périmètre de la discussion est défini à l'avance. Il exclut notamment le 29 mai et les grands choix de politique économique.

Bien sûr, Nicolas Sarkozy fait de la démagogie sécuritaire un semblant de prise en considération des inquiétudes vécues par les citoyens. Bien sûr, Ségolène Royal prétend être dans une phase d’écoute, mais c’est en expliquant qu’elle assume totalement la politique économique et sociale suivie depuis plus de vingt ans. Cela permet à l’un comme à l’autre de faire traîner, de ne pas parler des vrais problèmes économiques et sociaux, pour lesquels ils ne souhaitent rien changer, de ne pas engager un vrai débat sur l’Europe et sur la mondialisation, pourtant au cœur de la tornade que nous subissons. Et le ralliement sans débat sérieux de Jean-Pierre Chevènement à Ségolène Royal ne fait qu’accentuer cette atmosphère de mépris.

L’impression d’irréalité donnée par les principaux partis est ressentie par nos concitoyens de façon de plus en plus violente. Les avertissements lancés aussi bien le 21 avril 2002 que le 29 mai 2005 auraient dû, dans une vraie république, ou même dans une simple démocratie, trouver une traduction politique immédiate. Mais rien. Le temps passe ; la politique se poursuit à l’identique comme si de rien n’était.

Mais y-a-t-il encore un espace politique ? Ou bien nos dirigeants actuels ou futurs ne sont-ils que des acteurs chargés de faire du théâtre, de nous infliger des prêches, sur une scène sans objet ?





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