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Vendredi 14 Décembre 2018

 Lettre n°46: Note de lecture


   De quoi la psychanalyse est-elle le nom ?



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 Lundi 21 Février 2011

 Pour comprendre les colères sociales d’aujourd’hui :

Partant des maladies mentales, Roland Gori nous montre en quoi elles sont aussi le reflet de nos sociétés. Tout ce qu’elles abordent par le fait divers ou par le développement d’émotions collectives doit être resituer dans le cadre des grands enjeux politiques et sociaux. Il faut arrêter d’être soumis à cette obligation de ne plus penser, à cette mentalité d’audimat comme l’appelle l’auteur. C’est alors que, pour l’auteur, la psychanalyse apparaît comme un remède face à une régression qui atteint la vie politique autant que sociale, qui détruit toutes les constructions sociales des siècles passés : justice, école, santé,…. Car elle résiste à la résignation.

Ce dernier livre de Roland Gori n’est donc pas focalisé sur la technique psychanalytique, mais cherche à montrer que le sujet de la psychanalyse n'est pensable qu'avec un sujet démocratique, en quoi les atteintes aux sensibilités sociales et politiques ne touchent pas seulement la personne, mais atteignent le fondement même de la démocratie.

Inversement, en redonnant son rôle au citoyen, elle peut participer à sa libération ; libération face au tout puissant marché, mais aussi face à la tyrannie des normes qui, aujourd’hui, dénature la démocratie républicaine et la réduit a des dispositifs de soumission sociale librement consentie. Car, pour l’auteur, par ailleurs fondateur de l’appel des appels, la psychanalyse doit permettre la recréation de la parole pour pouvoir à nouveau s’adresser à l’autre.
Alors qu’au fil des années, la parole des citoyens a de plus en plus été présentée comme un risque, en ce moment où, trop souvent, elle ne s’exprime plus que dans la haine, elle doit redevenir un atout.


Roland Gori, De quoi la psychanalyse est-elle le nom ?, Denoël, 2010


A.B.


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