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Jeudi 20 Septembre 2018

 Lettre n°59: Chronique de l'antirépublique


   Sus aux « corps intermédiaires » ?



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 Lundi 21 Mai 2012

 par Christian Berthier


Par le passé, on a tenté de vendre aux Français l’Etat Total, l’Ordre Nouveau Corporatiste, la troisième voie socio-économiste, le néo-socialisme, les « ordres » de tous ordres, le combat contre la république des copains et des coquins et le Sénat économique et social.


Il s’agissait d’opposer un « pays réel » des «compétences» à l’inefficace «classe politique».

Faute d’avoir, après d’autres, échoué à les intégrer, Nicolas Sarkozy l’ultra-moderne et speedé hyper-président était parti à l’assaut des « corps intermédiaires ».

« Corps » indignes et chargés, selon lui, d’égoïsme et du mal-gouverner. Corps aujourd’hui origines de toutes ces dettes dont on sait plus si elles sont publiques ou privées.

Au passage, que le peuple puisse « se constituer en corps » dans une « république » ne pouvait qu’être une pensée perverse à combattre sans détour.



Et les apôtres du male dominant de l’année de stigmatiser la multitude dès que celle-ci se piquait de sortir de son silence. Tour à tour, il s’agissait :

- des élus du peuple

- des « corps constitués » en la république

- des « corporations » et autres « syndicats » repères des «égoïsmes économiques ».



Mais jamais il ne fut question des oligarchies d’argent, de naissance, de pouvoir dans ou hors les frontières. Oligarchies fort dispendieuses de l’argent public et de l’épargne privée et dont le train de vie tapageur s’étale complaisamment sur les grands media.



Jamais ne fut dénoncé le principe thomiste de subsidiarité inscrit dans les tables de la loi de l’union européennes. Principe qui interdit aux citoyens, aux cités et aux nations de s’occuper de leurs problèmes. Principe qui transforme un élu par ses (de)mandants en un exécutant de directives contraires aux mandats reçus de leurs électeurs.

Principe qui transforme le salarié, l’artisan, le travailleur individuel de producteur de services et de richesses en concurrent de tous les autres pour le coût minimum.



Au titre de ce déni du droit des gens à s’occuper de leurs affaires en fonction de les capacités, besoins et intérêts, citons :

- les lois territoires qui privent les collectivités locales et les élus des moyens de remplir les mandats reçus des électeurs.

- le tapage croissant en faveur du tirage au sort « électoral » d’irresponsables sans mandat précis vis a vis de leurs électeurs

- la réduction drastique des fonctionnaires de tous statuts chargés de concrétiser les droits et de rendre aux citoyens et à leur famille les services publics finan,cés par les impôts.



Pourtant, quand il faut éloigner le peuple et ses représentants des affaires qui les intéressent au premier chef, « on » n’a pas hésité à créer de nouveaux « corps » de « représentants » à grand coup de modifications constitutionnelles. Ainsi, le sénat et les régions, des « conseils économique et social », des représentants des « droits » de toutes natures, un parlement européen et un CES paravents de la toute-puissance des Bruxelles soumise sans contrôle à 6000 lobbies et 25 000 lobbyistes dûment enregistrés et intéressés par leurs petites affaires plus que par celles des 500 millions d’européens.



Aujourd’hui, ces « corps » cesseraient d’être « intermédiaires » livrés à la dictature de la concurrence « libre et non faussée » si leurs aspirations et leurs compétences étaient exprimées et prises en compte avec plus de justice par les délibérations démocratiques d’une Assemblée Constituante élue. Les associations et institutions représentatives des intérêts professionnels pourraient être refondées et rendues aux assemblées élues de leurs membres. Ainsi les bourses du travail, les vraies mutuelles, les caisses de sécurité sociale, les coopératives agricoles, les organisations d’entr’aide, les chambres des métiers et d’artisanat et toutes les associations de la loi de 1901, cibles des attaques de l'Union Européenne.


Christian Berthier


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